Ouverture du 30° Congrès national des Ingénieurs Civils (26 novembre 2019) [es]

Discours de Mme l’Ambassadrice, Anne Grillo
Ouverture du 30° Congrès national des Ingénieurs Civils

Ciudad de México
26 novembre 2019

"Investir dans des infrastructures, c'est investir dans l'avenir, pour les générations futures" : Anne Grillo, ambassadrice de France au Mexique - JPEG

* Seul le prononcé fait foil

Monsieur le Ministre Javier Jiménez Espriù
Monsieur le Président du Congrès national des Ingénieurs civils
Monsieur le Président du Collège des Ingénieurs civils

L’invitation faite à la France comme pays invité d’honneur pour ce 30 ème congrès national du collège des Ingénieurs civils nous honore et nous touche.

Elle nous honore car votre institution, Messieurs les Présidents, est prestigieuse d’abord par la grande qualité et la compétence reconnue de ses membres – la vôtre-, ensuite par votre rôle central de conseil des autorités mexicaines pour tous les projets d’infrastructures dans ce pays au niveau fédéral comme des Etats.

Cette invitation nous touche car c’est une reconnaissance à la fois de l’amitié qui nous unit comme de votre confiance en l’expertise française.

Il existe une communauté soudée entre ingénieurs civils mexicains et français qui parlent le même langage. Je le sais parce que j’ai des ingénieurs talentueux dans mon équipe à l’ambassade qui me parlent des échanges qu’ils ont régulièrement avec vous, entre pairs. A cet égard, je suis convaincue du rôle essentiel des programmes d’échanges et de formation entre nos deux pays.

Je pense notamment au programme Mexfitec qui permet, depuis presque 20 ans, d’envoyer chaque année 115 étudiants mexicains faire leur 4 ème année d’études dans une école d’ingénierie en France. Nous travaillons actuellement avec les autorités de la SEP à approfondir cette coopération en permettant à ces jeunes de rester une 5 ème année et revenir au Mexique avec le titre français d’ingénieur. Ce sera un formidable atout pour ces jeunes ingénieurs mexicains dans la compétition internationale. C’est également fort de cette expérience, que nous avons créé la première université technologique bilingue à Monterrey avec une spécialité en mécatronique et énergie renouvelables.

Cette coopération est aussi fondée sur de la réciprocité. Vos écoles d’ingénieurs et vos universités accueillent chaque année de plus en plus de jeunes étudiants français. Savez-vous que le Mexique est la première destination des étudiants français sur le continent latino-américain ? 2500 chaque année. Monsieur le Ministre, vous êtes passé par une des plus prestigieuses écoles d’ingénieries française (les Arts et métiers). Vous comprendrez pourquoi j’insiste sur l’importance de ces échanges croisés entre nos deux pays, au bénéfice de nos ingénieurs.

En matière de construction et d’infrastructures, chaque pays fait les choix qu’il estime nécessaire. Un choix souverain qui touche à la vie de ses citoyens, à leur santé, à leur éducation, à leur capacité à se déplacer pour travailler, pour voyager. Investir dans des infrastructures, c’est investir dans l’avenir, pour les générations futures.

Ce que peut apporter le dialogue entre professionnels de pays différents, français ou pas, ce n’est pas – me semble-t-il- des conseils sur le meilleur modèle à appliquer. C’est un partage d’expériences.

Que retenir de l’expérience française qui puisse vous être utile ?

En termes de vision d’abord. En France, le développement des infrastructures est très intégré à la stratégie de développement du pays, avec un pilotage fort de l’Etat. Cela a probablement contribué à faire, en France, de l’ingénieur un élément central de ce développement. C’est en ce sens qu’a été créée l’Ecole des Ponts et Chaussées en 1747, ou encore l’École Polytechnique en 1794 (École centrale des travaux publics).

C’est un domaine où nous avons la vision d’un Etat fort, dont la planification vise un développement territorial équilibré.

La France s’illustre ainsi dans les classements internationaux par la qualité de ses infrastructures (9ième place dans le GlobalCompetitivenessReport2019), notamment de transport (1 million 100 mille kilomètres de routes, 28 milliers de kilomètres de lignes ferroviaires, 1,66 milliers de kilomètres de lignes de métro, RER et tramways, 8,5 milliers de kilomètres de voies navigables, de nombreux ports maritimes dont trois de niveau européen et un aéroport classé au second rang des aéroports européens) ou de télécommunications.

Aujourd’hui, en France, l’enjeu c’est d’intégrer les enjeux environnementaux et climatiques, pour que les infrastructures développées accompagnent un développement durable.

En termes de retour sur expérience, à partir de nos succès mais aussi de ce qui a pu moins bien fonctionner.
-  L’importance de la planification du projet, en ne laissant aucune dimension de côté, à partir d’une analyse rigoureuse des territoires où les projets sont mis en œuvre, des besoins des populations, en étant capable de se projeter dans le futur, la capacité à les entretenir.
-  L’importance du montage financier. Là aussi, chaque pays a sa tradition, en fonction aussi de la nature des projets concernés, de leur rentabilité à court et moyen terme, du partage des rôles avec le secteur privé. Ce sera un thème important de vos échanges. En France, nous avons une expérience développée en matière d’association publique-privée qui est une tradition depuis le 19 ème siècle. La Tour Eiffel est un de nos tous premiers exemples. C’est également de un axe de coopération que nous avons avec le ministère des Finances.

Enfin parce que nous continuons d’investir dans nos infrastructures. L’exemple le plus significatif est évidemment le chantier du Grand Paris qui vise pas moins que redessiner les contours de la capitale française pour les 50 prochaines années : logement, open data, sécurité urbaine, transports et stationnements connectés, plateformes participative, etc. Je suis très heureuse que Jean-François Stoll, conseiller du Président de la société du Grand Paris ait accepté de faire le voyage pour vous parler de ce projet et partager cette expérience avec vous.

Partager nos expériences respectives en matière de projets d’infrastructures est aisément accessible.

Parce que les ingénieurs mexicains, Messieurs les Présidents connaissent bien leurs pairs français ; parce que nos entreprises de construction et d’ingénierie sont présentes au Mexique depuis longtemps – plusieurs d’entre elles sont présentes aujourd’hui -, qu’elles peuvent vous apporter le meilleur de leur savoir-faire, avec des références internationales à l’appui, qu’elles emploient et forment des ingénieurs mexicains, qu’elles transfèrent de l’innovation, qu’elles sont socialement responsables – plusieurs d’entre elles participent à des programme comme « Jovenes construyendo el futuro » et font de l’égalité femmes hommes une priorité dans leurs entreprises. L’année dernière, cette ambassade a organisé MEXICANAS 4.0  : le premier forum de l’emploi pour la promotion des diplômées en science et en ingénierie dans les secteurs de l’industrie et des nouvelles technologies où elles sont encore insuffisamment représentées alors que le vivier existe. Je peux donc garantir l’engagement des entreprises françaises y compris dans ce domaine.

Pour toutes ces raisons, messieurs les Présidents, merci de votre invitation. Je vous souhaite à tous un congrès riche en échanges, à un moment particulièrement opportun puisque Monsieur le Ministre vous avez participé ce matin à la présentation du Plan National d’infrastructures.

Dernière modification : 27/11/2019

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