Déplacement dans l’État de Veracruz [es]

L’Ambassadeur Jean-Pierre Asvazdaourian a conduit une visite de travail dans l’État de Veracruz, afin de réaffirmer les liens universitaires, culturels et économiques de la France avec l’État. Il a également accompagné un détachement de la Légion Étrangère dans sa visite mémorielle à Camerone.

8, 9 et 10 septembre 2021

Entretiens avec le Gouverneur Cuitláhuac García Jiménez et les autorités de l’Etat du Veracruz

Avec la participation des Secrétaires au Développement économique, Enrique Nachón García, et à l’Éducation, Zenyazen Roberto Escobar García, ainsi que du sous-secrétaire à l’Enseignement supérieur du Veracruz.

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Entretien avec le Recteur de l’Universidad veracruzana, Dr. Martin Gerardo Aguilar Sanchez

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Visite du Musée d’Anthropologie de Xalapa

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Visite mémorielle de la Légion Étrangère à Camerone

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Discours de l’Ambassadeur Jean-Pierre Asvazadourian à l’occasion de la visite mémorielle de la Légion Étrangère à Camarón de Tejeda, Veracruz

10 septembre 2021

Estimado Señor Eric Patrocinio Cisneros Burgos, Secretario de Gobierno de Veracruz ; estimada Señora Presidenta Municipal de Camarón de Tejeda, Susana Guadalupe Ameca Parissi ; estimado Almirante Santiago Jorge Morgado Gómez ; madame la consule honoraire ; mon général (ou messieurs les officiers généraux) ; officiers sous-officiers ; caporaux-chefs caporaux et légionnaires ; mesdames et messieurs les représentants des associations ; chers amis,

Nous sommes réunis ici, à Camarón de Tejeda, à l’occasion de la visite mémorielle d’un détachement de la Légion Étrangère. C’est un moment particulier et très riche de sens.

D’abord par la présence du général commandant la Légion étrangère et d’un détachement de plus de 80 légionnaires, ce qui ne s’était pas produit depuis longtemps. Sans doute, mon général, était-ce il y a huit ans, alors que vous étiez chef de corps du 3° Régiment étranger d’infanterie de Kourou, vous étiez venu célébrer le 150° anniversaire de la bataille de Camerone avec votre drapeau et 50 de vos légionnaires.

C’est un moment particulier, ensuite, car le Mexique s’apprête à fêter le bicentenaire de son indépendance et que l’ensemble des Mexicains célèbrent leur histoire. C’est un moment particulier enfin, car nous sommes réunis en un lieu unique, chargé d’une part de l’histoire commune du Mexique et de la France.

Il y a un peu plus de 158 ans, les soldats de France et du Mexique s’affrontaient ici. Le moment n’est pas celui de l’analyse historique mais celui du souvenir et de l’émotion. Des hommes, accomplissant leur devoir au service de leur pays y ont versé le sang, y ont perdu la vie. Alors que la fureur du combat, la peur et le courage qui y sont associés à ces actes d’héroïsme sont depuis longtemps passés, nous venons ensemble retrouver ce que nos anciens ont laissé ici.

Par leurs actes, ils y ont déposé une part d’eux-mêmes, de leurs croyances, de leurs idéaux, le respect de la parole donnée, le don de soi, le sens sacré de la mission jusqu’au sacrifice ultime. Combien de générations de légionnaires se sont senties animées, revigorées dans les moments difficiles, sublimées par l’évocation de ce qu’il s’est passé ici ? Et nous, alors que nous foulons le même sol en leur rendant hommage, nous allons à la rencontre de cet héritage. Cheminant dans leurs pas, nous en devenons inspirés. « More Majorum », à la manière des anciens, au moins dans le même esprit, nous servons un idéal plus grand et nous accomplissons notre mission selon leur exemple.

Animé de cet esprit, nous restons malgré tout, des hommes de notre temps et les acteurs de notre propre histoire. C’est maintenant en amis que nous nous retrouvons, Français et Mexicains, réunis dans une mémoire commune. Car, à la vérité, ne partageons-nous pas les mêmes principes et valeurs universelles. Les mots courage mais aussi humanité et respect de l’adversaire existent aussi bien en français qu’en espagnol. D’ailleurs, le capitaine Ramón Laisné, ordonnance du colonel Milán, qui fit prodiguer des soins aux légionnaires blessés ce jour-là, était le petit-fils d’un député français.

A une époque où les idéaux de liberté, de démocratie et de défense des droits de l’Homme sont trop souvent remis en cause, nos deux pays sont des alliés solides sur la scène multilatérale.

La France et le Mexique travaillent au sein du Conseil de Sécurité des Nations unies et œuvrent pour la défense de la paix et de la sécurité internationale. La France accompagne également le Mexique, par le positionnement d’un expert technique au sein du CECOPAM, pour renforcer l’engagement dans les opérations de maintien de la paix.

La France et le Mexique sont liés par une relation bilatérale très riche. J’ai évoqué hier avec le Gouverneur de l’Etat de Veracruz, Cuitlahuac García, plusieurs projets de coopération en matière économique, universitaire, éducative, culturelle. Nous avons notamment abordé le partenariat qui se noue entre l’Universidad veracruzana, la Marine mexicaine et l’entreprise française Naval Group en matière de formation professionnelle. Je voudrais enfin évoquer l’excellente coopération sur le plan militaire entre la Légion étrangère et les forces spéciales mexicaines.

Toutes ces initiatives sont le ferment de l’amitié entre nos deux pays. Nous, Français et Mexicains, entretenons la flamme, faisons vivre ensemble le souvenir de nos anciens, dans un esprit d’amitié et de coopération, laissons-nous inspirer par leurs actes. Alors nous pourrons vivre ce moment de mémoire fraternellement partagée en nous retrouvant dans ces valeurs universelles.

Alors que la France a répondu à l’invitation des États-Unis du Mexique et participe aux fêtes patriotiques par de multiples initiatives, le défilé de la Légion Étrangère dans quelques jours sur le Zocalo aura cette valeur symbolique forte d’amitié et de fraternité que nous allons maintenant célébrer de manière informelle et conviviale dans quelques instants.

Vive la France, Vive le Mexique !

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- Voir plus de photographies de la cérémonie

Visite des installations de la CMA-CGM et du port de Veracruz, et rencontre avec le directeur de l’Administration Portuaire Intégrale de Veracruz (APIVER), Romel Eduardo Ledezma Abaroa et les autorités portuaires

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Remise de la médaille de l’Ordre National du Mérite à Mme Odile HOFFMAN, géographe de l’IRD, à l’Alliance française de Xalapa

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Discours complet de M. l’Ambassadeur Jean-Pierre Asvazadourian, pour la cérémonie de décoration de Mme. Odile Hoffmann de la Médaille de l’Ordre National du Mérite,

Chère Odile Hoffmann,
Je suis particulièrement honoré ce soir de pouvoir vous remettre cette décoration, qui nous réunit tous, et je suis très heureux de le faire ici à Xalapa, sur vos terres, ou plutôt l’un de vos nombreux terrains.

Votre parcours, chère Madame, s’inscrit au cœur de ce qui se fait de meilleur en matière de coopération académique entre deux pays, la France et le Mexique, deux pays attirés par une fascination et une amitié mutuelles, une histoire partagée, une envie de mieux se comprendre et de travailler ensemble sur les grands enjeux sociaux de notre temps. Et je crois que rien n’incarne mieux cette amitié que l’ensemble des personnes présentes ce soir à vos côtés. Je voudrais ainsi saluer la présence :
-  De Pedro Hipolito Rodriguez, Monsieur le maire de Xalapa, qui est ici aussi en qualité de compagnon de recherche en anthropologie sociale, à travers le Centro de Investigaciones y Estudios Superiores en Ciencias sociales (CIESAS).
-  Du Dr. Martin Gerardo Aguilar Sanchez, nouveau recteur de l’Universidad veracruzana,
-  De Henri Noel Bernard Medina, directeur du musée d’anthropologie de Xalapa,
-  Des chercheurs du CIESAS avec lesquels vous avez travaillé de nombreuses années et une institution dont je sais le rôle inestimable pour la recherche en anthropologie et sciences sociales, notamment la recherche franco-mexicaine.
-  De nos collègues Abdel Sifeddine, directeur de l’IRD, et Bernard Tallet, directeur du CEMCA jusqu’à la semaine dernière, et de son épouse Aline.
-  De Lygie de Schuyter et de toute la communauté de l’Alliance française de Xalapa qui nous accueillent ce soir, et nous les en remercions.
-  De votre conjoint, Melesio Portilla, et vos trois enfants Nathalie, Melissa et Tanillo, car votre vie familiale aussi s’est établie sur les deux rives de l’Atlantique et je sais que vous êtes très attachée à cette double identité
-  Y finalmente, agradecemos la presencia de todos ustedes, amigas y amigos de Odile Hoffmann, que nos acompañan esta noche.

Creo que es momento de cambiar al español para que todos entiendan.
Si la República Francesa ha decidido condecorarle con la Orden Nacional del Mérito, es para reconocer el conjunto de su trayectoria y su excepcional contribución a los conocimientos científicos de nuestro país. Y es precisamente a esta carrera a la que me gustaría volver ahora, como es lo habitual.

Usted nació en 1957 en la región de París, pero muy pronto vivió en varias ciudades francesas, sobre todo en Tarbes y Burdeos. Si bien sus primeros pasos fueron en la ciencia, en las disciplinas de la biología y la genética, en 1980 se desvió hacia las ciencias sociales y la geografía, que ya nunca más abandonó.

A partir de ese momento, usted me habló de tres etapas fundacionales en su carrera, y creo que es importante examinar cada una de ellas :

Primera etapa : su tesis sobre el continente africano, para la Universidad de Burdeos III, de 1981 a 1983. A continuación, usted trabajó en los pastizales del país de Lobi, en Costa de Marfil. Se trató, por supuesto, de una experiencia muy significativa, como puede serlo cualquier descubrimiento del terreno para un geógrafo, especialmente en contextos tan ricos desde el punto de vista cultural y humano.

En 1983, usted se incorporó al ORSTOM, la Oficina de la Investigación Científica y Técnica de Ultramar, que desde entonces se ha convertido en el Instituto de Investigación para el Desarrollo (IRD), en el seno del cual ha desarrollado toda su carrera. Me permito hacer un breve paréntesis para subrayar a qué punto está usted apegada a la filosofía de esta institución y a una cierta forma de practicar la investigación científica que la caracteriza. Usted ha querido, y hace bien en subrayarlo, recordar los principios sobre los que se funda el IRD : “En tanto que institución pública de investigación francesa, el IRD defiende un modelo original de alianzas científicas equitativas con los países del Sur y una ciencia interdisciplinaria y ciudadana, comprometida con la consecución de los Objetivos de Desarrollo Sostenible.”

Se trata de principios y de una filosofía que nuestros socios mexicanos reconocen y comparten con el IRD. La investigación basada en las alianzas y en la interdisciplinariedad es lo que hace que este modelo sea tan interesante. En este sentido, siempre me sorprende gratamente constatar la gran diversidad de trabajos del IRD en México y en la región, que van desde el estudio del patrimonio alimentario hasta el diseño de un laboratorio de investigación sobre las zoonosis, pasando por cuestiones de migración o el estudio de los riesgos sísmicos o incluso acerca del hábitat de las anchoas en las costas californianas. Creo que, con esta condecoración, se honra también su apego a esta institución y la riqueza de la labor que realiza.

Cierro este paréntesis y paso a una segunda etapa, sin la cual nadie estaría hoy aquí : su descubrimiento de México, en 1984. Usted llegó muy cerca de aquí, a los altos de Xico. Desde ahí realiza investigación sobre el impacto de la crisis cafetera en el estado de Veracruz y sobre los recursos desarrollados por las sociedades campesinas para afrontarla ; investigaciones tempranas, realizadas en colaboración con historiadores, antropólogos y economistas, en las que ya se reconoce su voluntad permanente de transdisciplinariedad : la “verdadera” geografía, como usted la llama.

El México que usted descubre entonces se encuentra en un punto de inflexión, entre el deseo de democratización, la entrada a la modernidad y las rupturas que ésta genera. El mundo rural ha sido trastornado por las repetidas crisis del café y la perspectiva del gran mercado norteamericano, que se concretaría con la firma del Tratado de Libre Comercio de América del Norte, un acontecimiento mayor con consecuencias sociales a veces difíciles. Pero lo que también descubrió en Xico, y más tarde, a través de otros proyectos realizados en Veracruz, Oaxaca y Guerrero, es la profunda riqueza y fuerza de resistencia de este país, que Jean-Marie Gustave Le Clezio, premio Nobel y él mismo gran amante de México, describe como “una extraordinaria federación de culturas, única en la historia del mundo”.

Es, pues, en México donde se desarrollará su carrera de investigadora y es también aquí donde conocerá a sus compañeros de viaje : su familia, por supuesto, y una vez más me refiero a su marido, Melesio ; su vida profesional también, a través de sus compañeros y amigos de investigación en el Colegio de México, en el CIESAS y dentro de numerosas instituciones científicas mexicanas.

Por último, debemos mencionar una tercera etapa en su carrera, diez años después, esta vez en Colombia, con los trabajos que realizó entre 1996 y 1999 sobre las poblaciones negras en América Latina, en colaboración con la Universidad del Valle de Cali. Para usted fue el descubrimiento de otra realidad, la de la diversidad cultural pero también la del racismo y las barreras invisibles que nuestras sociedades, y no sólo las de otros, pueden en ocasiones crear para aislar y excluir a ciertos sectores de la población. Se trata de un tema muy fuerte, sobre el cual seguirá trabajando a lo largo de su vida profesional, hasta el día de hoy, ya que mañana visitaré la exposición “México : el otro mestizaje” que se presenta en Xalapa y cuyos orígenes son su obra. En relación con las poblaciones afrodescendientes y con su deseo de comprender mejor su lugar en el conjunto de América Latina y Centroamérica, podemos mencionar sus trabajos más recientes, a partir de 2008, sobre Belice, este misterioso país visto desde Francia, pero tan cercano a México.

Reducir su trayectoria a estas tres grandes etapas sería reductor, ya que su vida profesional y de investigación, querida Odile Hoffmann, es muy diversa. Usted ha participado en numerosos organismos científicos, tanto en México como en Francia. Ha sido miembro de la Comisión Científica de Ciencias Sociales del IRD y del Comité Nacional de Geografía del CNRS. Ha sido directora adjunta de la Unidad de Investigación sobre Migración y Sociedad (URMIS) de las Universidades de París y Niza. Desde el año 2000, ha contribuido a la creación y a la dirección de programas colectivos europeos, franceses (como el ANR AFRODESC), colombianos y mexicanos (con el Conacyt). También es miembro del Consejo Científico del Instituto de las Américas y del Laboratorio Internacional asociado al Centro Internacional de Investigación sobre la Esclavitud. ¡Y seguro que olvido muchos otros de los cargos que ha ocupado !

A lo largo de toda su trayectoria, ha supervisado a estudiantes y doctorandos de todas las nacionalidades, y puede estar orgullosa de esta dimensión de acompañamiento y transmisión de conocimientos que es esencial para la investigación. Estoy convencido de que todos estos estudiantes han encontrado puestos que se corresponden a sus competencias. También ha publicado 8 libros individuales y 4 en coautoría, contribuido a 11 obras colectivas y publicado más de un centenar de artículos científicos.

De 2006 a 2009, dirigió el Centro de Estudios Mexicanos y Centroamericanos (el CEMCA) en la Ciudad de México. Al igual que el IRD, esta institución es fundamental para el sistema de investigación francés en América Central. Usted ha contribuido a fortalecer su carácter multidisciplinario, desde la arqueología hasta las ciencias sociales, y sus vínculos con valiosos socios mexicanos como el CIESAS. A través de usted, saludo esta institución que me es particularmente querida y a la que nuestros amigos mexicanos están muy apegados.

Por último, me gustaría destacar su papel en la creación y dirección desde el año 2014 del LMI MESO, “Movilidad, Recursos y Gobernanza en la cuenca mesoamericana”, que reúne a una cincuentena de investigadores de 10 países. Este enfoque regional confiere al LMI un gran valor añadido. Además, la creación de este fue posible gracias a la larga y muy sólida relación entre el IRD y el CIESAS-Golfo en Xalapa, desde los años 80. Ustedes han creado aquí un ecosistema de investigación extraordinario y mutuamente beneficioso, y me gustaría aprovechar esta oportunidad para felicitar a todos los investigadores mexicanos del CIESAS, que están aquí con nosotros esta noche.

Usted concentra en estos trabajos toda la experiencia que le ha aportado su trayectoria, con investigaciones sobre las dimensiones migratorias y los desafíos fronterizos, sobre el multiculturalismo y la manera de traducirlo en la representación política, sobre los derechos humanos, sobre las dinámicas rurales y la gestión de los recursos agrícolas o mineros. Todos estos temas están en el centro de la indispensable reflexión que debemos hacer sobre las dinámicas sociales contemporáneas. En nombre del país que represento en México, me gustaría elogiar su labor y la de todo su equipo.

C’est une personnalité riche de grandes qualités humaines, un parcours exceptionnel et un engagement constant en faveur de l’intérêt général, que la République française a décidé d’honorer en vous décorant, chère Odile Hoffmann, de l’Ordre national du Mérite.

Je vais maintenant vous remettre cette décoration :

« Odile, Marie, Madeleine HOFFMANN, au nom du Président de la République, et en vertu des pouvoirs qui me sont conférés, je vous fais chevalier dans l’Ordre national du Mérite »

Dernière modification : 14/09/2021

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